Vers les dunes de Chegaga - 7 octobre
Autour de l'oasis, aux portes du désert, la pluie de la semaine dernière a verdi le paysage, comme un miracle! De la roquette pousse partout formant des tapis verts lumineux! Elle a la même parfum qu'en France mais les feuilles sont plus épaisses et "succulentes " comme dit Arnaud. Ici, elle est consommée en soupe principalement.
Cette manne miraculeuse ne fait pas oublier la sécheresse qui sévit depuis plus de 20 ans (selon Idir) et qui provoque la mort de nombreux palmiers.
Aujourd'hui, notre guide Idir, nous emmène à Chegaga où se situe le plus grand ensemble dunaire du Maroc : 200 km de long sur environ 20 km de large. Un lieu mythique où de nombreux touristes viennent visiter en 4X4 ou dromadaire ou en trekking.





Nous refusons de visiter la réserve animalière qui a été créée considérant qu'elle n'est pas assez naturelle. Peut-être une idée trop préconçue. Il nous semble en effet anormal que des autruches aient été introduites à cet endroit. Pourtant Kader, le potier de Tamagrout, nous dira un peu plus tard qu'autrefois, les autruches vivaient au Maroc.
Nous refusons aussi un tour en dromadaire. Pour moi, parce que j'ai un peu peur. Pour Arnaud, pour éviter les sorties trop convenues, artificielles. nous sommes un peu décalés !
Idir est issu d'une famille nomade berbère. Il a à cœur de garder le contact avec la population locale. Après 1h de traversée d'un plateau caillouteux qui longe les contreforts de l'anti atlas, il s'arrête près d'une tente blanche entourée de deux petites construction faites de terre et d'amas de différents matériaux.
Nous entrons sous la tente pour boire le thé. Il y a un vieillard assis par terre qui a 90 ans. Sa belle-fille nous offre un très bon pain cuit au feu de bois dans une des baraques en terre qui sert de cuisine et qui dispose d'un petit four.
La langue est une vraie barrière qui ne nous permet pas d'échanger. Idir a lui beaucoup de choses à partager avec ces deux personnes qui vivent dans un grand dénuement. Il prête son téléphone pour régler des problèmes qui nous restent inconnus. Le fils est parti avec les chèvres vers l'oasis. Ici les dromadaires et les chèvres sont une richesse, un moyen de subsistance. Le vieux monsieur reste ici car là est toute sa vie. Sa femme vit quand à elle à M'hamid.
Outre la limite de la langue, comment nos vies si différentes pourraient se rencontrer? Cela serait il souhaitable d'ailleurs? Leur simplicité force le respect. C'est la vraie leçon à retenir.
Nous poursuivons jusqu'à l'oasis sacrée sans qu'Idir ne puisse nous dire pourquoi elle serait sacrée. Si le lieu est agréable pour sa fraîcheur, il n'est qu'une halte reposante pour les 4X4 qui vont à Chegaga. Le reste de l'oasis est entouré d'un mur de terre immense qui devait délimiter un parc animalier, projet qui a finalement échoué.
Nous passons quand même un agréable moment à l'ombre de palmiers, allongés sur un grand tapis en attendant que le pic de chaleur passe. Après un bon repas préparé sur place à partir des ingrédients apportés par Idir, et une sieste, nous repartons vers 16h30.
Durant cette pause le traquet pie, oiseau nord africain à priori, est bien présent, peu farouche! Il niche sans doute dans l'oasis.
Après 45 mn de 4x4 et le dépôt de légumes pour une famille nomade, nous découvrons enfin le magnifique spectacle des dunes.
Et le camp où nous allons passer la nuit.
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